Galerie Albert Loeb

PARCOURS DES MONDES
Sogow Bozo et Bambara du Mali

du 8 au 13 septembre 2009
vernissage le mardi 8 septembre de 15 heures à 19 heures

du 9 au 13 septembre : de 11 heures à 19 heures
nocturne le jeudi 10 septembre jusqu’à à 21 heures

l’exposition sera prolongée jusqu’au 3 octobre
du mardi au samedi de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 19 heures

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Sigi kun
tête de buffle réalisée par le forgeron Numu Jon Diarra du village de Nienou, circa 1980
région de San, Mali
bois peint, tissu appliqué recouvert de bandes de fer blanc et de découpes de boîtes de conserves peintes
170 x 190 cm
© photo Jacques Boulay



Nègè merèn
meren en fer
région du Bani, Mali
fer peint, fibres végétales, fils
hauteur 137 cm

Au centre ouest du Mali, les populations Bozo, Somono, Marka et Bamana qui vivent entre le Niger et le Bani ainsi qu’au nord et au sud de ces deux fleuves, perpétuent une tradition millénaire de danses de masques-animaux, appelée Sògo bò - sortie des animaux de chasse -.

Le sògo bò, où tout animal, mais aussi toute personne mythique, légendaire, toute fonction, tout métier, tout évènement de la vie, toute nouveauté du monde, peut être représenté, a lieu deux fois l’an. Une première fois en octobre ou en novembre, lors de la récolte des céréales et des grandes pêches et, une seconde fois, en mai ou en juin avant la saison des pluies.
Figures zoomorphes ou anthropomorphes vêtues de grandes robes de chaume ou de tissus viennent, seules ou en couple, "danser" sur la place du village chez les commerçants et agriculteurs Marka et Bamana et, soit sur le fleuve, soit sur des pirogues qui sillonnent la rive, pour les chasseurs de gibier d'eau et les bateliers Bòsò et Sòmonò.

Ce sont les membres, féminins et masculins, âgés de 15 à 35 ans, de la tòn, - la société de culture par classe d’âge - qui ont pour tâche d’organiser les grandes réjouissances dont la plus importante est le sògòbò.
Les jeunes filles et les jeunes femmes ont l’apanage des chants tandis que la fabrication, le maniement à l’aide d’une hampe, de tiges ou de cordelettes et la danse des sogow sont exclusivement une "affaire d'hommes".

Faits le plus souvent de bois, généralement le "bunbu" (Bombax costatum), les sogow sont taillés par les forgerons. Le bois est ensuite patiné, parfois peint ou recouvert de bandes de métal ciselé. Cette technique de plaquage de métal dont l’éclat frappait l’imagination, se trouve particulièrement sur la rive gauche du Bani et jusque dans le Macina. Autrefois les masques étaient couverts d'or et d'argent, plus tard remplacés par le cuivre, le laiton ou le fer blanc frotté pour le rendre éclatant de lumière. Plus rarement, quelques forgerons les ont façonnés en fer, en bronze, patinés ou peints.

Certains forgerons, très réputés pour leurs créations, peuvent venir de loin, à la demande des membres de la tòn, pour créer un nouvel ensemble. Quelques-uns, ont même progressivement cessé de fabriquer des objets utilitaires tels les instruments agraires, pour se consacrer entièrement à la fabrication des sogow. D’autres ont fait des émules. Ainsi, dans la région de San, le forgeron de Niénou, Numu Jon Diarra, a été le premier a utiliser des découpes de boîtes de conserves pour figurer, sur ses grandes têtes animales, le soleil, la lune ou les heures, avant d’être imité par d’autres villages.

Plus au sud, au delà du fleuve Bani, il y a une cinquantaine d’années, un forgeron a créé, entièrement en fer, un ensemble de grandes figurines féminines. Ne retenant que l’essentiel de la personne, il a accordé une importance particulière à la tête, tandis que le corps se réduit à un bâton auquel le porteur ajoute deux bras qui se terminent par de grandes mains aux paumes ouvertes. Cette tige est ici emmanchée dans une robe en fibres végétales tressées.
Le visage, fin et très allongé, est surmonté d’une coiffure, très élaborée, faite d'une haute tresse appelée kakamba s'élevant en cimier pour redescendre sur le front, à laquelle s'ajoutent deux ou trois longues tresses touchant les épaules. Richement parées, elles portent en ornement des anneaux de métal dans la chevelure et, aux oreilles - ainsi qu’à l’extrémité des tresses - des pompons également en métal peint.
Elles font référence aux grandes ancêtres, aux femmes d’exception, à la maternité. Altières, elles viennent en groupe danser sur l’aire de célébration.

L’invention de formes nouvelles répond à l’exigence de vitalité propre à ce spectacle et à la capacité des jeunes à répondre aux préoccupations du présent. De plus, toutes ces figures innovantes ont reçu l’approbation des villageois.